Portrait – une jeune femme dans la rue

Elle vient d’une grande ville où elle est enseignante. Elle a quitté Ponta à 18 ans.P41 Carnet 1Bis630

Moi, cela me fait plaisir de voir ma famille, dans ce quartier, mais je n’aimerais vivre ici. J’ai l’impression qu’il n’y a pas d’évolution possible à titre individuel, et au niveau intellectuel dans cet environnement là. Le fait que j’ai fait des études extérieures, cela m’a appris à apprécier d’autres choses comme le théâtre, les conférences diverses, l’architecture, les religions. Tu arrive à avoir une ouverture d’esprit, alors qu’ici, le quartier amène une fermeture d’esprit.

Est-ce que tu connais Maryvonne et Jo Fourn ? Ils avaient une équipe formidable, ils dynamisaient le quartier. Ce climat d’insécurité augmente depuis six ans ! Les gens qui cherchent du travail à l’extérieur, sont mal perçus, quand ils disent devenir de Ponta. Je note vraiment un changement depuis une dizaine d’années. C’est sûr que malgré tout, quand il y a un coup dur, un décès par exemple les familles maghrébines sont très solidaires. Franchement, quand je parle avec les filles du quartier de ma génération, on se dit que c’était vraiment la bonne époque : on pouvait laisser les enfants dehors, sans être à les surveiller. Depuis, mes copines ont peur de laisser leurs enfants dehors ! Mais ça, on le sait. En général, les politiciens ne se soucient pas de ces familles, mises dans ces quartiers la suite à l’immigration dans les années 60-70. Puis, ils se sont dit que ce serait intéressant d’avoir ces voix-là, pour les élections. Pur intérêt politique. As-tu vu ce documentaire de Yamina Benguigui sur ces jeunes diplômés ingénieurs et cadres issus des quartiers d’immigrés ? Ceux qui ne trouvaient pas de travail. Cela s’appelle «Sous le plafond de verre». Je te le conseille, il est édifiant !

Moi, j’ai eu de la chance d’avoir des parents qui ont privilégié l’éducation de leurs enfants, leur scolarité ! Je dois la réussite scolaire à mon père est à ma mère.

À l’époque, Maryvonne Fourn avait proposé un lieu d’études afin que les gens puissent travailler leurs cours de 17 à 19 heures. Cela existe encore (Nattier 3). Je ne sais pas si le quartier va être détruit. Est ce que tu crois que les réunions concernent les familles maghrébines, les gens de 50-60-70 ans ? Qu’on leur demande leur avis !

Avant, il y avait jamais d’incendie de voiture. Et la bibliothèque qui a cramé en 2000 ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Comment les politiques ont réagi à ce moment-là à cet événement ? Tu vois, cette bibliothèque, c’est mon lieu de loisir de l’époque. Quand j’ai su, j’étais très étonnée et choquée. Je la trouvais belle cette bibliothèque. Il y avait des animations, des lectures. Qui a pu faire ça ? Cramer une bibliothèque ? C’est qu’il y a un grave problème. Les politiques, ils sont là quand ? Quand il y a les élections, par contre. Ils sont quand il y a un réel problème ? Je crois qu’il y a pas de solution, il voit ces grosse BMW, ils savent qui sont ces réseaux ! Que font-ils ? On a entendu que les flics sont complices de ces réseaux…

D’autres portraits du carnet de Soazig Dréano sur cette page.

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